Séance Théatre : Comme si la bienséance les empêchait de “percer” la bulle de cet inconnu

Sasha Rebboah Alvarez

La séance a commencé par un retour sur la précédente réunion. Nous avons parlé du 1er
film que nous avons choisi afin de voir si tout le monde était bien sur la même longueur
d’ondes. Denis a mené cette discussion, et nous sommes tous tombés d’accord sur
l’ambiance à donner à notre première scénette.

theatre-indifference
Ensuite venait la partie “théâtre”, orchestrée par Marie, comédienne. Pas de cours de
théâtre a proprement parlé, non, une mise en situation plutôt, avec des “exercices” de ce
que j’appelle “prendre corps dans l’espace”.

1er/ Faire un cercle, une personne donne le départ de l’exercice en tapant dans ses mains
en même temps que la personne à sa droite, qui elle se retourne également vers sa droite et
tape dans ses mains en même temps que l’autre personne à sa droite et ainsi de suite
jusqu’à ce que le tour revienne à la 1ère personne qui doit se retourner vers sa gauche pour
taper dans ses mains en même temps que la personne qui la précède, et redonner
l’impulsion pour un second tour etc….. Quand nous nous avons tous pris le “rythme” Marie a
“lancé” un second rythme, qui devait se croiser avec le premier, pas si simple. Les 2
consignes à suivre étaient bien sûr de taper dans ses mains en cadence avec l’autre mais
aussi de se regarder droit dans les yeux.

On n’imagine pas à quel point il faut se concentrer, et il y a eu quelques petits “couacs”!!!
2ème/ Marcher en se croisant dans la pièce, d’abord tous les participants, puis finalement
divisés en 2 groupes. Les consignes pour cet exercice changeaient, marcher en ne voyant
pas les autres, puis marcher en ayant repéré une personne sans qu’elle s’en aperçoive, puis
changer de repère, marcher en étant inquiet, marcher en voyant la mer au loin, marcher en
étant en colère contre quelqu’un. Exercice difficile pour les uns et aisé pour les autres.
Personnellement la peur du “ridicule” était très présente au début, la peur de “prendre
conscience” de son corps, de se savoir regardé,(petite précision, Sophie, Thomas, Clara,
Denis et bien entendu Marie, étaient spectateurs). J’ai oublié de préciser que tous ces
exercices étaient accompagnés de musique.

3ème/ 3 chaises représentant un banc, étaient alignées, l’un de nous devait s’asseoir sur
une des chaises. Tout ceci devait se passer dans le silence. Une seconde personne devait
venir s’asseoir à côté de la première, et suivant les consignes de Marie, devait regarder son
voisin, ou ne pas le voir, ou essayer de “prendre contact” (toujours en silence), ou devait
rendre l’autre inquiet quand à sa présence. Plusieurs situations courantes de la vie, mais qui
lorsqu’elles sont vécues instantanément et naturellement ne posent aucun questionnement,
mais qui lorsqu’elles doivent être “jouées”, imposent une vérité, une sincérité qu’il n’est pas
facile de trouver, difficile de ne justement pas sur jouer, ne pas trop en faire, essayer de
rester naturel…..

4ème/ Toujours une personne assise sur ce “banc” tête baissée, et chacun à notre tour nous
devions passer devant cet inconnu, sans le voir pour certains, pour d’autres en s’arrêtant
presque devant lui/elle, chacun des participants “marcheurs” devait laisser libre cours à ce
qu’il ressentait face à cette personne assise sur un banc, chacun des marcheurs devait se
laisser aller à ressentir ce que l’inconnu représentait pour eux.

Comme je l’ai dis certains s’arrêtaient devant cette personne, d’autres s’asseyaient et le
touchaient, comme pour le soutenir d’un geste amical, voire maternel, d’autres le frôlaient de
leurs main, comme si la bienséance les empêchait de “percer” la bulle de cet inconnu les
empêchait d’aller plus loin. Cet exercice a fait naître un certain attendrissement face une
personne dont on ne sait rien mais qui par une posture, fait naître en nous un sentiment,
protecteur, ou carrément indifférent. Nous avons touché de très prés “l’essence” de ce que
nous voulons véhiculer dans nos “films”.

Je n’avais jamais fais d’”impro” je trouvais ça très simple, et sans intérêt, j’ai adoré ce
moment, je suis allée au delà de mes craintes, je me suis “dévoilée” face aux regards
(bienveillants) de ces personnes que je côtoie depuis quelques mois, mais que je ne connais
pas, et qui ne me connaissent pas non plus. Non ce n’est pas simple de se mettre à “nu”,
parce que c’est bien cela dont il s’agit, oh, nous ne sommes pas des comédiens, non, nous
n’avons pas cette prétention, mais je pense pouvoir dire, que nous sommes tous là pour
avancer, que notre vie a basculé à un moment, que nous avons perdu pied, que nous avons
renoncé, nous nous sommes résignés, et puis nous avons repris espoir, nous nous sommes
relevés, le chemin est semé d’embûches, mais pour ma part en tous cas, je me sens portée,
soutenue, aidée, et peut être appréciée (sans prétention) par ce groupe. Je souhaite que
l’aventure ne fasse que commencer…..
Rebboah Alvarez Sasha.

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